|
AccueilIncidents à l’occasion de l’interdiction d’une réunion d’opposants à Tunisjeudi 26 janvier 2006.
TUNIS (AP) - Une réunion d’opposants, prévue mardi soir à Tunis, a été empêchée par les forces de l’ordre, intervention qui a donné lieu à de "graves" incidents entre plusieurs participants et la police, a annoncé mercredi le Dr Mustapha Ben Jaâfar, chef du Forum démocratique pour les libertés et le travail (FDLT, opposition légale). Lors d’une conférence de presse, à laquelle assistait un diplomate américain, le dirigeant du FDLT a précisé qu’un grand nombre d’agents de la police politique avaient encerclé le siège du FDLT où devait avoir lieu cette rencontre des membres du "Collectif du 18 octobre" formé à la suite de la grève de la faim observée pendant plus d’un mois par plusieurs figures de l’opposition, dont le chef du Parti démocratique progressiste (PDP), Néjib Chebbi et deux avocats islamistes. Le Dr Ben Jaâfar a fait état de "violences subies par plusieurs opposants", dont l’avocat Ayachi Hammami, président du comité de soutien à l’avocat dissident emprisonné Mohamed Abbou, ainsi que Hamma Hammami, porte-parole du Parti ouvrier communiste tunisien (POCT, non reconnu) et Lotfi Hajji, président du syndicat des journalistes tunisiens (SJT, non reconnu). La raison invoquée pour l’interdiction de cette réunion était la présence de représentants de partis et d’associations non reconnus légalement, selon le chef du FDLT. Le "Collectif du 18 octobre" réclame plus de libertés en Tunisie, d’organisation, d’expression et d’association, ainsi que l’amnistie générale pour les "prisonniers politiques". Les autorités nient l’existence de tels détenus, avançant notamment que les quelque 400 membres du mouvement islamiste Ennahdha (interdit) ont été condamnés pour des délits de droit commun. Selon une source officielle, le FDLT tout comme le PDP "mènent toutes leurs activités librement et sans la moindre entrave". Selon cette même source, les allégations contraires seraient "totalement démagogiques". Le Dr Ben Jaâfar a déploré l’approche sécuritaire qui prédomine selon lui au sein du régime tunisien sur la gestion des affaires politiques. "La solution sécuritaire est vaine, elle est même contre-productive", a-t-il estimé. Avant d’affirmer garder "l’espoir que la leçon sera retenue (par le pouvoir, NDLR) des échecs des expériences passées". "Notre volonté est forte pour faire face à de telles situations. Nous ne reculerons pas, au contraire, nous allons poursuivre notre lutte avec calme et assurance", a renchéri Khémaïs Chammari, ancien vice-président de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH). Un autre opposant, Habib Marsit, s’est pour sa part fait l’écho de la détermination du "Collectif du 18 octobre" à poursuivre la lutte sur le terrain en vue de voir naître une "alternative démocratique". Ces opposants entendent mettre en place un forum qui aura à débattre de "toutes les questions fondamentales pour l’avenir du pays" et à mettre sur la table les divergences entre ses membres, s’agissant notamment de la question islamiste. "A l’avenir, nous ne mettrons pas les islamistes derrière les barreaux. La Tunisie est pour tous ses citoyens, sans distinction aucune", a plaidé à ce sujet M. Ben Jaâfar. Voir en ligne: http://fr.news.yahoo.com/25012006/5/incidents-l-occasion-de-l-interdiction-d-une-reunion-d.html.
|